SIMANDOU 2040 : le MMAFP lance neuf projets de modernisation de l’administration publique

Le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique donne ce vendredi 15 mai 2026 le coup d’envoi opérationnel de neuf projets inscrits dans le portefeuille du Programme SIMANDOU 2040. Parmi eux, deux chantiers numériques majeurs — le GUSP et le Gouv-Lab — seront pilotés par l’ANDE. La cérémonie, prévue à partir de 14h00 au Chapiteau By Issa de Conakry, associera acteurs publics et représentants du secteur privé.

Un portefeuille de neuf projets structurants

L’événement marque le démarrage effectif d’un ensemble cohérent de chantiers visant la modernisation administrative et le renforcement des capacités institutionnelles de l’État. Le MMAFP inscrit ces projets dans le portefeuille du Programme SIMANDOU 2040, cadre stratégique national de long terme.

Les neuf projets retenus couvrent à la fois la cartographie, les outils de gestion, la formation et la réforme institutionnelle :

  1. Cartographie administrative détaillée de l’administration publique ;
  2. Recensement et analyse des systèmes informatiques actuels utilisés pour la gestion du personnel ;
  3. Amélioration des systèmes de gestion des ressources humaines via des outils digitaux fonctionnels, incluant le dispositif FUGAS ;
  4. Déploiement et équipements modernes pour l’administration publique à travers une Direction des Systèmes d’Information (DSI) ;
  5. Formation du personnel administratif à l’utilisation des outils numériques ;
  6. Digitalisation des services publics destinés aux citoyens et aux entreprises (GUSP) ;
  7. Réhabilitation et modernisation du Gouv-Lab ;
  8. Rationalisation de l’intervention de l’État (réforme) ;
  9. Structuration des organisations publiques et des établissements publics administratifs (réforme).

L’architecture du portefeuille mêle ainsi diagnostic préalable, outillage technologique, formation des agents et réformes structurelles — séquence classique dans les démarches de modernisation administrative.

L’ANDE en première ligne sur le volet numérique

Deux projets relèvent du périmètre direct de l’ANDE, dirigée par Youssouf M. Aribot. Le premier, le GUSP, vise la digitalisation des services publics destinés aux citoyens et aux entreprises. Le second porte sur la réhabilitation et la modernisation du Gouv-Lab, présenté par la direction de l’agence comme un « cadre d’innovation, d’expérimentation et de co-construction des solutions numériques publiques ».

Ces deux chantiers s’inscrivent dans une logique complémentaire : le GUSP doit livrer des services en ligne utilisables au quotidien par les usagers, tandis que le Gouv-Lab a vocation à incuber et tester les solutions en amont, en associant administrations, agents publics et acteurs externes. Si la mécanique tient ses promesses, l’écosystème tech guinéen pourrait y trouver un point d’entrée structuré dans la commande publique numérique.

Un appel explicite au secteur privé

L’invitation adressée aux acteurs du secteur privé n’est pas anodine. Le directeur général de l’ANDE évoque une « opportunité d’échanger autour des perspectives de collaboration public-privé, de l’innovation numérique et des contributions attendues de l’écosystème technologique guinéen dans la modernisation de l’administration publique ».

Le signal est celui d’une volonté d’ouverture : associer en amont startups, intégrateurs, éditeurs locaux et experts indépendants à la conception des solutions, plutôt que de cantonner le privé à un rôle d’exécutant en aval. Reste à savoir comment cette intention se traduira dans les mécanismes concrets de passation, de financement et de partage de la propriété intellectuelle.

Quelles perspectives pour la suite ?

Le lancement officiel ne résout pas, en lui-même, les défis classiques de ce type de programme : capacité de mise en œuvre des administrations, interopérabilité des systèmes existants, soutenabilité budgétaire au-delà de la phase initiale, conduite du changement auprès des agents publics. La digitalisation des services publics en Afrique de l’Ouest a déjà connu plusieurs initiatives ambitieuses dont la trajectoire effective dépend autant de la qualité technique des outils que de la gouvernance qui les porte.

Plusieurs questions méritent d’être suivies dans les prochains mois : le calendrier précis de déploiement projet par projet, les modalités d’achat public associées au GUSP, le modèle de gouvernance du Gouv-Lab et son ouverture effective à l’écosystème, ainsi que les indicateurs publics qui permettront d’évaluer l’avancement. Pour l’écosystème innovation et tech guinéen, l’enjeu n’est pas seulement d’assister à un lancement, mais de mesurer dans la durée la part qui lui sera réellement faite.